mardi 25 octobre 2011

La bibliothèque fait sa pub

Il n'est pas si évident pour une bibliothèque de faire de la publicité dans les médias et dans la ville en général. Le prix des espaces publicitaires est en général beaucoup trop élevé pour nos budgets. J'ai trouvé quelques informations sur les prix sur le site de Médiastransports, une société spécialisée sur la location d'espaces publicitaires sur les réseaux des transports publics. Si j'ai bien compris, 100 panneaux de 400x400 pendant 7 jours sont à 60000 euros pour le métro parisien. Autant dire que c'est un budget conséquent, sans compter qu'une bonne communication nécessite une équipe d'infographistes, de designers...bref, un certain professionnalisme.

Du coup, je ne connais pas beaucoup de bibliothèques qui utilisent ces espaces publicitaires. Dès que j'en verrais, je tenterais de vous montrer les publicités trouvées et si de votre côté, vous avez des photos et des exemples, je suis preneuse.


Commençons donc cette série avec la Chicago public library. Dans le métro de Chicago (en fait une sorte de train), on peut voir plusieurs affiches de la bibliothèque publique. Soit des affiches en long, disposées en face du quai de l'autre côté des rails, soit des affiches plutôt en hauteur dans les couloirs avant d'accéder aux quais. Je n'ai aucune idée du prix de cette campagne. Je vais plutôt m'intéresser ici aux messages de cette publicité.

Il y a plusieurs niveaux de lecture sur ces affiches :
 A : un discours par la localisation de l'affiche
La bibliothèque joue clairement sur le thème de la bibliothèque dans la ville, dans l'espace urbain : métro, rue...C'est une bonne façon d'ntégrer la bibliothèque au quotidien des habitants de Chicago, comme le sont les magasins, les services d'assurance qui sont les autres publicités que l'on trouve dans le métro. 

B : un discours par le dessin, on peut lire le message sans presque y penser
2/par le dessin, la bibliothèque se présente comme un objet de mode. Du coup, on peut se demander qui est le public visé ?Je ne sais pas si vous serez d'accord avec moi, mais je pense que cette publicité vise les 25-35 ans, public jeune mais actif, fashion mais avec un peu de recul sur leur propre addiction à la mode. Peut-être même au vu de la moustache, pourrait-on dire que cette pub vise les hommes trentenaires chez qui le revival de la moustache fait fureur. De fait, comme il y a aussi toute une mode de la fausse moustache chez les femmes en ce moment, on peut s'en tenir aux trentenaires en général.
3/jpar ce dessin, la bibliothèque joue aussi sur l'identification dans sujet de la ville, qui participe de l'identité des chicagoans. Toutes sortes de choses font de vous un vrai chicagoan, dont la bibliothèque. Je trouve que cette question de l'identité est un vrai pari pour une bibliothèque. Elle joue sur la fierté d'habiter une ville qui propose un tel accès à la culture. Là encore, pour moi, cette publicité vise un public averti, plutôt cultivé, intéressé par la culture mais qui ne sait plus trouver le temps de se rendre à la bibliothèque.

C : troisième type de discours, celui transmis par le texte dans la zone bleue
4/d'abord un premier slogan "it's free, it's easy", double discours sur la gratuité et sur la facilité. Il est vrai que ce sont deux écueils récurrents : l'accès libre à la culture et l'accès tout court au sens où la culture n'est pas en soi une chose simple.
5/deuxième slogan "not what you think". La bibliothèque joue sur un suspens : ce n'est pas ce que vous pensez, mais on ne vous en dit pas plus que le "it's free, it's easy", mais elle joue aussi sur l'idée préconçue de la bibliothèque. en d'autres termes, au lieu de dire la bibliothèque c'est ça et arrêtez de croire autre chose, le message devient la bibliothèque c'est justement pas ce que vous croyez. C'est tout le contraire. Aussi quoiqu'on imagine de la bibliothèque : lieu obsolète ? non c'est fashion. Lieu déconnecté de la ville et des habitants ? faux, la bibliothèque est élément incontournable de l'identité locale. La bibliothèque c'est cher ? faux, c'est gratuit. Compliqué ? faux, c'est easy. Ce slogan se retrouve aussi sur le site web et est repris un peu partout et notamment dans un concours d'affiches lancé auprès du public. Plus d'infos par ici.

D : enfin dernier discours, celui véhiculé par les icônes
6/ on retrouve sur toutes ces affiches, les petites icônes de facebook, twitter...bref, de quoi continuer sur l'idée que non, la bibliothèque n'est pas un lieu obsolète, mais bien un établissement de son temps, inscrit dans le quotidien de son "futur" public.

Voilà, pour cette petite analyse. Alors, est-ce que ça vous donne envie de vous abonner à la bibliothèque ou de vous laisser pousser la moustache ?

Raphaëlle






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